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La bataille des coquerelles de la rue Champlain

1 janv. 2025
2 min de lecture

Le 1er juillet 1920 marque une étape importante dans l'histoire des Missionnaires de Notre-Dame des Anges. Ce jour-là, les sœurs prennent possession de leur nouvelle maison de la rue Champlain à Sherbrooke, qui deviendra la deuxième maison mère de la Congrégation.


L'enthousiasme est grand... jusqu'à l'ouverture de la porte.


L'annaliste de l'époque décrit une scène pour le moins surprenante : une maison sale, imprégnée d'odeurs nauséabondes et envahie par des coquerelles « grasses et bien portantes ». Devant un tel spectacle, plusieurs auraient rebroussé chemin. Pas nos pionnières!


Avec une étonnante bonne humeur, elles retroussent leurs manches et se mettent immédiatement à l'œuvre.

« Mais qu'est-ce que cela pour qui veut être missionnaire? Nous nous armons de gaité et de bâtons et nous nous mettons à éliminer les coquerelles par milliers. »

Pendant plusieurs jours, les religieuses livrent une véritable bataille. Armées de bâtons, de seaux, de savon et même de poudre à insectes, elles s'attaquent à l'invasion avec une énergie remarquable.


Les archives racontent qu'à la tombée de la nuit, il leur faut parfois accepter que quelques coquerelles continuent leur promenade pendant qu'elles tentent elles-mêmes de trouver le sommeil!


Parmi les personnages de cette épopée figure Sœur Rita, qui semble particulièrement redouter ces indésirables visiteurs. L'annaliste rapporte avec humour que les coquerelles sont affectueusement surnommées « nos amies » par la religieuse elle-même, malgré sa « peur lamentable » de ces petites bêtes.


La situation est telle que Mgr LaRocque, venu visiter la communauté, peine à se frayer un passage au milieu du désordre causé par les travaux de nettoyage. Touché par les conditions dans lesquelles vivent les sœurs, il leur offre l'hospitalité à l'évêché le temps de désinfecter la maison.


Mais même cette parenthèse de confort ne détourne pas les missionnaires de leur objectif. Après avoir participé aux cérémonies du dimanche, elles retournent à la rue Champlain et, selon les mots savoureux de l'annaliste :

« Dans moins de temps qu'il en faut pour l'écrire, nous enlevons voiles de soie et manteaux, chaussures blanches et robes de cérémonies pour nous armer encore une fois de bâtons, chassant les coquerelles jusqu'au coucher. »

Au-delà du sourire que cette histoire provoque aujourd'hui, elle révèle quelque chose d'essentiel sur les premières MNDA. Face aux difficultés, elles choisissent la joie plutôt que le découragement. Face aux imprévus, elles répondent par le courage et la débrouillardise. Même au cœur d'un « château de coquerelles », elles trouvent des raisons de rendre grâce.


Plus d'un siècle plus tard, cette bataille de la rue Champlain demeure un témoignage vivant de l'esprit qui animait les premières Missionnaires de Notre-Dame des Anges : une foi solide, un sens de l'humour à toute épreuve et la conviction que rien n'est impossible lorsqu'on avance avec confiance.

 
 
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