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Les débuts d'une fondation...

  • il y a 5 heures
  • 3 min de lecture

Le premier juillet 1920, les MNDA emménageaient dans la maison sur la rue Champlain, faisant office de 2e maison mère. Laissons l’annaliste de l’époque nous raconter ce que nos pionnières ont vécu comme aventure...



1e juillet : « À huit heures, la maison de la rue Champlain ouvre ses portes aux Missionnaires de Notre-Dame des Anges. Pauvre maison! N'a-t-elle pas lieu d'être contente? Depuis quatre ans seulement qu'elle existe, combien elle a été témoin de choses plus ou moins consolantes!


C'est le cœur serré que nous y pénétrons et après la joie de l'avoir trouvée convenable pour un couvent, Dieu sait quelle épreuve nous attendait! Une malpropreté sans nom nous fait craindre de marcher, une odeur nauséabonde nous empêche de respirer et finalement, des nuées de coquerelles grasses et bien portantes nous enlèvent l'appétit et la possibilité de nous installer. Mais qu'est-ce que cela pour qui veut être missionnaire? Nous nous armons de [gaité] et de bâtons et nous nous mettons à tuer les coquerelles par milliers. Sr Gabriel, Sr Rita et Sr Gendron, qui ont passé la journée à Lennoxville pour faire partir les bagages, arrivent ce soir à 19h30 et nous prêtent main-forte. La nuit venue, il faut nous décider à laisser nos amies les coquerelles se promener partout et nous mettre au lit au risque d'en avaler quelques-unes. Nous nous sentons si heureuses, si heureuses, que nous ne pouvons mieux témoigner notre reconnaissance à Dieu, qu'en chantant un magnificat d'actions de grâce! »



2 juillet : « Même tâche, mêmes difficultés, même bonheur! Le locataire qui nous reste, ne semble pas vouloir partir bientôt! Aussi longtemps ces gens seront dans ce coin sale, aussi longtemps nous garderons nos "amies" les coquerelles, comme les appelle notre chère grande Soeur Rita qui en a une peur lamentable. À 16h30, sa Grandeur Mgr LaRocque vient nous rendre visite, accompagné de M. l'abbé E. Gervais. Ils ont peine à se frayer un passage au milieu de ce chaos. Ils s'amusent de nous mettre dans l'humiliation de les recevoir dans une saleté pareille! Notre charitable Père Fondateur nous offre l'hospitalité dans son palais épiscopal pour le temps que nous ferons désinfecter notre maison. Cher bon et vénéré Monseigneur, combien il s'inquiète des "chinoises!"»



3 juillet : « Nous régalons nos coquerelles de poudre poison, si bien que lasses de manger, nous les trouvons endormies un peu partout. Quelle chance pour leur écraser la cervelle ! Nous lavons les murs et notre bonne petite sœur Gendron, montée sur un haut escabeau, en tombe de frayeur. Nous accourons avec la pensée qu'elle a un membre de fracturé, mais non, les bons anges l'ont gardée et la chère enfant n'a aucun mal. À 19h30, nous disons au revoir à notre château de coquerelles, et nous nous rendons chez Monseigneur. Les Sœurs de la Ste-Famille nous accueillent comme les leurs! Nous occupons les chambres réservées aux prêtres étrangers.»



4 juillet : « Nous nous levons à 6h30 et entendons la messe de 7h30 à la cathédrale. Déjeuner à 9h. Trois sœurs retournent à la grand-messe et les autres visitent l’évêché jusque dans ses plus petits recoins. Quelle beauté, quelle grandeur! Nous goûtons beaucoup de satisfaction à visiter ce palais, mais nous nous sentirions peu à l’aise d’y vivre. Toutes les Religieuses de la SteFamille et en particulier la bonne mère supérieure, nous manifestent une charité vraiment maternelle. À 15h, nous faisons avec elles une heure d’adoration dans la Chapelle privée de Monseigneur. À 17h, Sa Grandeur Monseigneur Chalifoux nous reçoit à sa chambre, ensuite nous descendons pour le souper. Enfin pour terminer ce beau jour, notre Bon Père Fondateur, qui vient justement d’arriver à l’évêché, nous fait demander pour nous bénir. Nous le remercions de son infinie tendresse et retournons à la rue Champlain. Dans moins de temps qu’il en faut pour l’écrire, nous enlevons voiles de soie et manteaux, chaussures blanches et robes de

cérémonies pour nous armer encore une fois de bâtons et tuer des coquelles jusqu’au coucher.»

 
 
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