Un envoi missionnaire du Vietnam vers l’Afrique !
Par Sr Diêp
"J’ai connu les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges car leur communauté est située dans la même paroisse où j’habitais. Ensuite, les sœurs m’ont enseigné le français dans un cours dispensé à ma paroisse avant que je ne découvre ma vocation.
Sans uniforme ni indice religieux, les sœurs n’avaient pas de travail concret, par exemple ouvrir un jardin d’enfants, comme le font les autres congrégations au Vietnam. Les Sœurs MNDA agissaient discrètement dans la paroisse où elles habitaient : enseigner le français, faire le ménage dans la sacristie avec un groupe de dames, partager l’évangile avec les jeunes. En plus, les prières de Taizé organisées par les sœurs ont offert aux paroissiens une manière de prier plus profonde.

Les paroissiens les aiment sincèrement. Pourtant, ils remarquent la fragilité et l’instabilité de la communauté face aux exigences des directives d’immigration du parti communiste relatives aux religieux étrangers.
Progressivement, les jeunes de la communauté, après leurs premières étapes de formation, sont parties pour poursuivre leur noviciat à l’étranger. Peu à peu, la communauté est devenue moins nombreuse qu’auparavant. Un jour, à la suite du refus des services de l’immigration d’accorder un visa à la sœur responsable, la communauté a dû fermer temporairement ses portes. Cette situation a suscité de la compassion au cœur de ceux qui connaissent bien la communauté et son histoire. En revanche, pour ceux qui ne nous connaissent pas, cette instabilité a suscité des questions, voire des doutes, quant à la légitimité de la Congrégation.
En retournant à la paroisse après mon noviciat et mes premiers vœux, bien des paroissiens m’ont posé poliment des questions. Je sais que je ne peux pas leur faire bien comprendre la mission de notre Congrégation, car ce qu’ils ne voient pas, ils ne le croient pas.
Cette année, avec la présence de Sœur Maria Sa et de la mienne au sein de notre communauté de Saïgon, et grâce à l’aide de Sœur Danielle, nous avons organisé, en tenant compte de nos nominations pour l’Afrique, une messe d’envoi missionnaire le samedi 28 février 2026 à 18 h.

Au cours de cette célébration, il semble que toutes les interrogations aient trouvé leur réponse : les chrétiens présents ont compris que l’évangélisation constitue la mission propre de notre Congrégation. Nous nous distinguons des congrégations vietnamiennes, car nous sommes missionnaires ad extra. Nous ne sommes ni spécifiquement enseignantes ni infirmières et n’exerçons pas une profession déterminée. Nous partons envoyées par l’appel du Seigneur : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

C’est pourquoi je me sens bénie d’être choisie par le Seigneur pour travailler dans Son vignoble en Afrique. Pourtant, je reconnais ma fragilité, ma faiblesse et mes limites. Je pars dans un pays lointain, dans une culture étrangère, sans savoir ce qui m’attend demain. Ce n’est pas seulement moi qui ai reconnu ma fragilité, mais toute l’assemblée présente à cet envoi missionnaire, au moment où nous nous sommes agenouillées devant l’autel pour recevoir la bénédiction d’envoi du curé, avec tous les prêtres concélébrants, ainsi que de toute la communauté de la paroisse, qui se sont unis en Église et nous ont bénies et envoyées.
Je suis convaincue que je ne pars pas toute seule, mais avec toute la communauté chrétienne de mon pays d’origine. Et aussi, je crois que derrière les pas de missionnaires, il y a beaucoup de prières discrètes, sans cesse, pour nous. "
Merci, Seigneur, pour l’unité dans l’Église.
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