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FLORINA GERVAIS

FG

CHAN TSI KWAN

CTK

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Fondatrice

1888

1979

FLORINA
GERVAIS

Une vie qui ose.

Une foi qui dérange.

Une mission qui transforme.

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Était-elle rebelle? Visionnaire? Follement audacieuse? Ou simplement une jeune femme qui a écouté la voix qui brûlait en elle?

C'EST LÀ QUE
J'IRAI UN JOUR

Florina Gervais n’était pas destinée à une vie tranquille. Née en 1888 dans une famille nombreuse, frêle de santé mais forte de caractère, elle portait déjà en elle un feu difficile à éteindre.


Au primaire, dans un cours de géographie où l’on montre la Chine sur la carte du monde, elle s’écrie : « C’est là que j’irai un jour ! » Au pensionnat du Mont Notre-Dame de Sherbrooke, elle refuse même de terminer ses études supérieures. Non par mépris du savoir, mais par cohérence intérieure : elle ne veut pas briller pour elle-même ; elle veut servir les plus oubliés.


Déjà, une question la hante : « Faut-il être un homme pour annoncer le Christ là où on ne le connaît pas encore ? »

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LE BON DIEU M'APPELLE
À ÊTRE MISSIONNAIRE

Lorsqu’elle découvre que des femmes partent en mission en Chine pour annoncer l’amour de Jésus, tout bascule. Son coeur s’enflamme. Elle sait. C’est là que sa vie prend sens.

 

Son entourage hésite. Son père tente de la raisonner. Pourquoi partir si loin ? Pourquoi ne pas choisir une voie plus simple et plus sécuritaire ? Florina répond sans détour, avec une détermination qui force le respect : « Le bon Dieu m’appelle à être missionnaire. Personne ni rien ne pourra m’en empêcher. »

 

À 18 ans, elle entre chez les Soeurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception à Montréal. Quelques années plus tard, destination : la Chine. L’inconnu. Une autre langue. Une autre culture. Une autre manière de vivre. Et pourtant, Florina s’y sent libre.

 

Sur place, elle découvre une nouvelle intuition audacieuse : pour préparer des catéchètes chinoises, il ne suffit pas de les accueillir ; il faut vivre avec elles, « se faire chinoise avec les Chinoises ».

 

C’est aussi lors de cette première mission, qu’un événement en apparence ordinaire vient marquer sa vie à jamais. En 1912, durant sa retraite annuelle, Florina confie à Dieu une prière brûlante : obtenir une âme, quel qu’en soit le prix.

VIVRE LA MISSION EN
CHINE, AUTREMENT

Deux mois plus tard, la réponse prend un visage. On lui confie une élève privée pour l’apprentissage du français : une jeune Chinoise encore païenne, Chan Tsi Kwan. Florina n’en a pas encore conscience, mais cette rencontre porte déjà en elle les germes d’une oeuvre à venir.

 

Son rêve ? Former des femmes chinoises capables de devenir elles-mêmes actrices de leur foi : leaders, catéchistes, semeuses d’espérance au coeur de leur propre peuple.

 

À une époque où les femmes chinoises sont peu reconnues et rarement valorisées, Florina croit profondément en leur capacité de transformation. Animée d’une conviction inébranlable, elle se donne corps et âme à l’apprentissage de leur langue. Mais cela ne lui suffit pas : elle souhaite aussi adopter leurs coutumes et partager leur quotidien.

 

Or, en ces années-là, il est impensable que des femmes chinoises rejoignent des congrégations occidentales. Désirant la proximité plutôt que la domination, la fraternité plutôt que le pouvoir, la solidarité plutôt que la condescendance, Florina fait un choix audacieux : elle quitte la congrégation des Missionnaires de l’Immaculée-Conception pour oser vivre la mission en Chine autrement.

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RETOURNER AU CANADA
POUR MIEUX REPARTIR

Le chemin est ardu. En Chine, les évêques lui conseillent de rentrer au Canada pour y trouver des compagnes. À ce stade, elle pourrait renoncer. Mais Florina ne cède pas. De retour au Canada, à seulement 26 ans, elle recommence à zéro, dans le silence, la prière et la patience. Elle attend. Elle écrit aux évêques de plusieurs districts de Chine. Elle espère encore.

 

Surtout, elle ose proposer un projet radicalement nouveau pour son époque : retourner en Chine afin d’y fonder une oeuvre missionnaire enracinée dans la culture locale et portée par les femmes chinoises elles-mêmes.

 

Sa foi, son audace et sa lucidité touchent les évêques. Le feu se rallume.

 

En 1915, Florina repart pour la Chine, accompagnée d’une Canadienne, Thérèse Lamoureux. Elle y retrouve Chan Tsi Kwan, son élève fidèle, qui deviendra la cofondatrice des Soeurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges.

 

De cette fidélité inébranlable à l’appel naîtra plus tard une congrégation missionnaire qui, aujourd’hui encore, franchit les frontières, rejoint les plus pauvres et fait résonner l’Évangile dans des vies bien concrètes.

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 Chan Tsi Kwan voit le jour à Canton, en Chine, le 25 novembre 1899, au coeur d’un monde privilégié. Elle grandit dans une famille aisée et influente, mais non chrétienne. Comme c’était courant chez les notables chinois de l’époque, son père avait plusieurs épouses et possédait de vastes propriétés, autant à Canton — immense ville vibrante du sud de la Chine — qu’à Penang, en Malaisie, où il dirigeait de grandes plantations de caoutchouc. 

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Pourtant, très tôt, Chan Tsi Kwan n’arrive pas à s’immerger totalement dans ce monde de richesse. Entourée d’abondance, elle ne peut fermer les yeux sur la misère qui l’entoure. Encore enfant, elle ose demander de l’argent à son père pour aider les plus pauvres. Une audace rare. Déjà, son coeur penche du côté des oubliés.

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Lorsque son père prévoit un voyage en France — où un cousin s’est déjà installé — il décide d’y emmener sa fille. Il lui cherche donc un professeur de français. Voilà qu'une simple leçon de langue va changer toute sa vie.

 

En septembre 1912, à presque 13 ans, en lien avec le désir de son père, Chan Tsi Kwan exprime un souhait surprenant : étudier chez les Soeurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception. Officiellement, elle veut apprendre le français.

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En réalité, une question brûle en elle : qui sont ces femmes venues d’ailleurs? Pourquoi ont-elles tout quitté pour la Chine? Quelle force mystérieuse les anime?

TÉMOIGNAGE DE
CHAN TSI KWAN

« Lorsque ma famille apprit cette nouvelle, dès le lendemain du grand jour, on fit démarches sur démarches pour me ramener à la maison. Jusqu’à deux fois par jour, pendant une quinzaine, on vint ainsi me supplier de les suivre. Papa et maman vivaient alors à Penang, mais ils m’avaient confiée à d’autres membres de la parenté résidant à Canton. Les Soeurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, chez qui j’étais pensionnaire, finirent par être ennuyées de ces visites et me recommandèrent de retourner avec les miens. Cela causa de la joie aux personnes venues ce jour-là… on avait enfin gagné mon retour à la maison.

 

Depuis que la nouvelle de mon baptême avait été transmise à papa et à maman à Penang, ceux-ci ne cessèrent de télégraphier à Canton pour savoir comment se passaient les choses. De Canton, on répondait par la même voie.

 

Un jour, je reçus une longue lettre de ma mère me suppliant de retourner auprès d’elle. Elle m’assurait la liberté de religion et, en plus, tous les avantages dont jouissaient les autres membres de la famille, c’est-à-dire tout l’argent que je désirerais, car ils étaient très riches. Je refusai cette invitation si attirante de ma chère maman. Chez les parents chez qui je demeurais, à Canton, je n’encourus aucun reproche… pendant les quelques semaines que je dus passer avec eux. Il me tardait pourtant de reprendre le chemin du Couvent; j’avais grande hâte de revoir les personnes que j’aimais beaucoup. Cette fois, j’y suis restée jusqu’en 1914, alors qu’un beau jour, la Mère Supérieure et le Père Aumônier, Père Fourquet, m’appelèrent au parloir et m’ordonnèrent de rentrer chez nous pour les mois de vacances. La vraie raison, c’est qu’on croyait que ma présence était cause du désir de votre chère soeur de sortir de la Communauté des Soeurs [Missionnaires] de l’Immaculée-Conception.

 

Je repris donc encore une fois le chemin de la maison pour y rester une année entière. Avec mes petites soeurs, je fréquentai une école chinoise. De Penang, maman envoya une servante me chercher, mais je refusai de la suivre. Celle-ci, après avoir visité ses connaissances, retourna seule auprès des miens. Quelque temps après, par surprise, arrive ma grande soeur, mariée, toujours pour essayer de me gagner à son tour, en me ramenant au foyer paternel. Elle devait m’annoncer un beau voyage en France avec elle…

 

Rien ne pouvait me faire changer d’idée. Ma décision était de rester à Canton, attendant le moment voulu de Dieu pour rejoindre notre petite Mère qui comptait sur ma présence pour l’aider dans sa fondation.

 

Cette année d’attente fut très heureuse pour moi, bien traitée que j’étais par les miens. Je savais que votre soeur avait quitté [les M.I.C.] et qu’elle travaillait, au Canada, à trouver un moyen pour revenir en Chine. En 1915, après votre ordination sacerdotale, vous vous en souvenez sans doute, elle ne tarda pas, avec sa nouvelle compagne, à s’embarquer pour l’Orient. Lorsqu’elles atteignirent Shanghai, elles m’envoyèrent un télégramme à Canton pour m’inviter à leur rencontre. J’avais à prendre une décision très importante: quitter les miens définitivement, suivre ces étrangères, ou rester avec ceux qui me chérissaient et que j’aimais aussi beaucoup. Il n’y avait personne à qui je pouvais m’adresser pour prendre conseil dans cette affaire difficile. Enfin, j’allai de l’avant vers le sacrifice… Je partis donc pour Hong Kong, seule, ayant refusé toute compagnie. Le lendemain matin, après une nuit passée à l’hôtel, je me rendis au port de Kowloon pour rencontrer les arrivantes.

 

[...] Sans même avertir mes parents, je suivis Mère Fondatrice et sa compagne vers Amoy. M. l’abbé, j’ai vraiment souffert de cet éloignement des miens et surtout de la peine que ma conduite leur causait. […] J’ai tant admiré mes bons parents qui, quoique païens, ne m’ont jamais reproché mon entrée dans la religion catholique.

 

Après la mort de Sr Thérèse de l’E.-J., (Thérèse Lamoureux) en 1917, on nous conseilla de laisser Swatow où les protestants nous accusaient d’avoir fait mourir notre compagne. Nous nous rendîmes chez les Soeurs Canossiennes de Hong Kong. Que faire sans foyer, sans argent? Notre Mère me demanda alors: “Si vous voulez, nous allons nous rendre chez vos parents à Penang”. Dans mon coeur, il y eut un malaise. Malgré tout, j’adressai un télégramme ainsi rédigé: “Je désire aller vous voir. Qu’en pensez-vous? Nous sommes deux.” Deux heures plus tard, la réponse arrivait: “Viens vite… sommes heureux de te revoir — de recevoir les deux.

 

[…] Quelques jours et nous étions à destination. Des parents étaient à notre rencontre et nous amenèrent chez nous. Belle réception et des appartements étaient à notre disposition. Il y avait une église tout proche, ce qui était très heureux pour nous. Nous sommes demeurées là trois mois, partageant la vie de famille; rien ne fut épargné pour nous faire plaisir: voyages, pique-niques, théâtres, etc. Comme cela se présentait assez souvent, il y eut un tirage et mes parents nous conseillèrent de prendre un billet, ce qu’eux-mêmes faisaient à toutes ces occasions.

 

La chance nous favorisa et nous gagnâmes 1 200,00$. C’était toute une fortune! Voyant cela, Mère Fondatrice décida de changer de place, donc de déménager. Il m’en coûta d’avertir mes parents de notre départ; nous étions si bien avec eux. Ils ne dirent rien, mais je savais que leur souffrance — me voir les quitter encore une fois — était bien grande. Dans notre nouveau loyer, nous vivions en pauvres, et avions une nourriture appropriée à notre pauvreté.

 

[…] Je dois remercier le bon Dieu pour toutes les grâces qu’Il m’a accordées. Lui seul m’a aidée et soutenue dans cette vocation extraordinaire. Sûrement, j’ai été traitée de folle pour avoir agi ainsi. Aux yeux de la Communauté, je suis peu de chose, mais aux yeux de Dieu, j’espère avoir un peu de mérite. Sous peu, je rejoindrai Mère Fondatrice au Pérou pour un congé de six mois. Priez pour nous afin que nous fassions ensemble tout le bien que le bon Dieu attend de nous.”

 

Votre bien reconnaissante,

Soeur Marie-Gabriel

Il faudra des années pour mesurer l’empreinte immense que cette femme laissera sur notre Congrégation missionnaire. Une chose est sûre : Chan Tsi Kwan transmettra bien plus que des paroles. Elle lègue une vie lumineuse, marquée par une noblesse rare, un courage discret, et une bonté qui touche chacun — sans bruit, mais pour toujours.

 

Nous pourrons trouver, dans la partie consacrée à nos missions, davantage de détails sur l’impact de Chan Tsi Kwan, devenue Mère Marie-Gabriel, sur nos oeuvres.

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Découvrez l'histoire complète de notre Congrégation!

NOTRE HISTOIRE

Sa jeune professeure, Florina Gervais (alors Sr St-Alphonse-de-Liguori), perçoit rapidement la profondeur intérieure de son élève. Le cours de français devient bien plus qu’un apprentissage linguistique : il se transforme en une véritable quête de sens. Chan Tsi Kwan découvre peu à peu Jésus et se sent aimée et appelée. Toutefois, elle garde ces découvertes au plus profond de son coeur.


En 1913, Chan Tsi Kwan reçoit le baptême dans l’Église catholique, sans l’autorisation de ses parents. Laissons-la nous raconter elle-même ce que cette décision a entraîné dans sa vie, dans sa lettre adressée à l’abbé Émile Gervais, frère de Florina Gervais :

VOIR LE TÉMOIGNAGE

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Cofondatrice

1899

1974

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CHAN TSI
KWAN

Un simple cours de français qui transforme et réoriente toute une vie!

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