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Au printemps 1918, Sœur Marie du Sacré-Cœur décide de partir pour le Canada avec seulement un dollar en poche. En pleine Première Guerre mondiale, alors que les communications sont rompues et que les voyages sont incertains, elle et sa compagne entreprennent une neuvaine à saint Joseph.


Avec leur unique dollar, elles achètent un billet de loterie — et, le dernier jour de la neuvaine, remportent le deuxième prix : 1 200 $.


Le voyage vers le Canada reste pourtant semé d’embûches. Les navires, souvent réquisitionnés pour l’effort de guerre, n’acceptent les passagers que pour de courts trajets. Après plusieurs étapes, les deux religieuses débarquent finalement à Victoria avant de rejoindre Vancouver.


La grippe espagnole faisant rage dans l’Est canadien, elles s’arrêtent prudemment à Winnipeg. Rassurées par un télégramme de l’abbé Émile Gervais, elles poursuivent finalement leur route et arrivent à Sherbrooke la veille de l’Armistice, en novembre 1918.


Des 1 200 $ gagnés à la loterie, il ne leur reste alors que 4 $.



À son arrivée à Sherbrooke, Marie du Sacré-Cœur s’installe d’abord au foyer de ses parents, rue Couvent, non loin de l’évêché, en compagnie de Marie-Gabriel, sa jeune compagne chinoise. La famille Gervais accueille celle-ci avec simplicité et chaleur, lui offrant un milieu familial où elle peut peu à peu s’apprivoiser à son nouveau pays.


Malgré sa timidité naturelle, Marie-Gabriel se sent bientôt chez elle. Une véritable amitié naît entre elle et la famille, amitié qui deviendra, au fil des ans, un précieux réconfort dans son exil. Ce séjour lui permet vraisemblablement de se familiariser avec les coutumes canadiennes et de mieux apprendre la langue française.


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